Le patrimoine

Classé parmi les plus beaux villages de France, la cité d’Auvillar domine fièrement la vallée de la Garonne depuis l’Antiquité.

La tour de l’horloge, porte monumentale du XVIIème permet un accès unique au centre historique du village. Elle accueille de nos jours le musée de la batellerie.

La place triangulaire, bordée de riches demeures en brique et pierre des XVIIème et XVIIIème  témoignage du passé prestigieux de la cité marchande, forme un véritable écrin pour la halle aux grains, circulaire, dont les colonnes toscanes confèrent une élégance et un cachet unique à ce monument classé qui abrite le marché fermier du dimanche matin.

Flâner dans les ruelles pavées pour découvrir les maisons à colombage et encorbellement, le palais des Consuls, le lavoir et bien sûr, l’immanquable point de vue sur la vallée de la Garonne et les coteaux du Quercy situé place du château.

L’église Saint Pierre, une des plus vaste du Tarn-et-Garonne, est ornée d’un retable baroque exceptionnel (actuellement en restauration). Le parvis, récemment rénové, permet d’apprécier la splendeur de la façade ouest du monument.

Le chemin antique du Peyrat, tronçon de la voie Podiensis qui mène à Saint Jacques de Compostelle, est un trait d’union entre le village et son port situé en contrebas, le long du fleuve Garonne.

Les maisons de bateliers font face au cours d’eau et côtoient la chapelle Sainte Catherine, patronne des marins, reconstruite au XIVème sur les ordres du Pape Clément V.

Ce haut lieu historique, d’origine carolingienne, vient d’être rénové sous l'égide des bâtiments de France.

Une promenade s’impose sur les quais, témoins de l’activité intense de ce port à partir duquel étaient expédiés les fameuses faïences auvillaraises au décor et à la solidité appréciés (riche collection à voir au musée des Amis du Vieil Auvillar) ainsi que les plumes d’oies de qualité pour la calligraphie.

la Tour de l'Horloge

Le visiteur arrive sur la place de l'horloge, où l'on entre dans la vieille ville par la porte Arnaud OTHON, du nom d'un vicomte d'Auvillar. Cette porte est surmontée d'une tour appelée Tour de l'horloge.
C'est une élégante construction de l'époque de Louis XIV en pierre et briques ; les portes et les fenètres sont en plein cintre et chaque étage est agrémenté de moulures fouillées dans la brique.
La toiture en mansarde est surmontée d'une cage en fer forgé. La cloche provient de l'ancien couvent des Jacobins et porte une intéressante inscription gothique.

L'église Saint-Pierre

L'église Saint Pierre, est probablement contemporaine des premiers vicomtes d'Auvillar d'après les travaux du chanoine Pottier. Elle aurait existé déjà en 1186, prieuré bénédictin et église paroissiale, elle se trouve sous la dépendance de l'abbaye de Moissac jusqu'au XIIIème siècle. A la date du 20 Novembre 1261, le prieuré est rattaché à l'abbaye de Mas-Grenier et cela jusqu'à la Révolution. Après avoir été successivement en partie démolie, reconstruite, elle est actuellement église paroissiale. Classée monument historique, elle est une des plus belles églises du diocèse de Montauban.

11/12ème siècle - construction de l'église romane.
14ème siècle - remaniement de l'ensemble de l'église ( sauf l'abside nord ).
15ème siècle - reconstruction du choeur et de la chapelle sud et une partie de la nef.
16ème siècle - mutilations des guerres de religion.
1604-1620 - élévation du grand retable. Exécution des peintures murales à doubles joints filés sur l'ensemble des murs, et à simples joints filés sur les voûtes du choeur.
1794 - destruction presque totale du clocher.
1860 - effondrement du lambris de la nef.
1862 - classement de l'édifice parmi les monuments historiques ( Théodore Olivier, architecte ).
1867 - construction des voûtes en croisées d'ogives sur la nef et les bas-côtés.
1918 - restauration des voûtains de la nef et bas-côtés, peinture à simples joints filés.
1940 - consolidation du clocher.
1976 - restauration du clocher.
1979 - converture d'une tourelle du clocher.
1997 - création d'une rampe d'accès extérieur pour handicapés.
2005 - réfection de l'électricité et mise en place d'un éclairage de mise en valeur intérieure.

Ancien couvent des frères prêcheurs

Le couvent des Frères Prêcheurs d’Auvillar fut créé en 1275. Le chapitre des Frères Prêcheurs fut créé à Toulouse en 1216, et se réunissait tous les ans. Un chapitre provincial eu lieu à Auvilar en 1335. Il y avait 562 couvents sous Clément V, mais pas uniquement en France ou en Italie.

Le chapitre désignait les visiteurs des couvents, qui avaient droit de visite et de correction. Ils corrigeaient eux-mêmes les abus et vérifiaient que les règles étaient bien respectées. Ils disposaient de moyens tels que les 7 psaumes de la pénitence à réciter, le jeûne au pain et à l’eau, la privation du droit de voter, et même la prison. Chaque couvent était équipé d’une prison, avec des ceps, des chaînes et des menottes.
Il y a donc un point commun entre le couvent des Frères Prêcheurs et la gendarmerie actuelle qui a pris sa place : la prison !

Création du couvent

La Halle aux Grains

Passons sous la tour de l'horloge et en longeant la rue de l'horloge, nous atteignons la place de la Halle. Au milieu de cette place triangulaire s'élève la Halle, curieux édifice circulaire sur colonnades toscanes avec un bâtiment central dont l'arcature en plein centre est remarquable par sa symétrie.
L'édifice, quoique relativement récent (1830), présente un certain intérêt à cause de l'originalité de son plan circulaire. A l'intérieur, deux types de mesures à grains :
- les unes en métal datant de la construction de cette halle,
- les autres taillées dans la pierre proviennent de l'ancienne halle rectangulaire qui se trouvait précédemment au centre de la place.

Le projet de nouvelle halle en 1824

La Halle circulaire telle que nous la connaissons, a été construite en 1824, à la place d'une halle plus ancienne.
A l'époque, un tout autre projet était débattu à la municipalité depuis 1823.
En effet, cette halle devait être beaucoup plus grande, avec une maison d'habitation au-dessus, et même une prison sous le grand escalier.
Finalement, devant l'ampleur des coûts, c'est une halle plus " modeste " qui a été construite, avec son pigeonnier central.
Les documents du premier projet existent toujours, avec les plans et les actes municipaux.
Voici donc ces documents, qui nous laissent imaginer ce qu'aurait été la place de la Halle avec un tel monument

La Chapelle Sainte-Catherine, une histoire de bateliers

Des origines jusqu'au milieu du XIXème siècle, la Garonne a permit non seulement de multiplier les échanges de marchandises mais aussi et surtout de favoriser le contact entre les hommes .
L'origine du PORT d' AUVILLAR est sans doute un ancien péage qui existait déjà, à cet endroit, en 1204.
En 1789, la Commune d'AUVILLAR comptait encore quarante-neuf familles de matelots.
Ces mariniers, véritables professionnels de la batellerie, étaient des hommes pleins d'énergie, d'audace et de sang-froid; ils avaient une connaissance parfaite de la rivière et jouissaient d'une considération dont ils se prévalaient.
Leur devise était:
"Si vilain sur terre, Seigneur sur l'eau je suis !"
Ils vivaient 12 à 16 heures par jour sur les embarcations et couchaient, le soir venu, dans des auberges de la rive.
AUVILLAR était très renommé pour ses auberges et on s'y arrêtait toujours car le péage était obligatoire.
Les gens de marine , comme s'intitulaient les bateliers, avaient dans chaque port, leur église particulière. Presque toutes ces chapelles sont dédiées à Saint Catherine, patronne des gens de la rivière et des philosophes.
Le port d'AUVILLAR a la sienne.
L'église des marins date vraisemblablement de l'époque Carolingienne. Il est encore possible de voir, au dessus du porche, à l'extérieur, un monogramme du Christ du IXe siècle. Ce chrisme est un important symbole de l'Eglise primitive. On y trouve notamment les lettres grecques " l'alpha et l'omega " ( le commencement et la fin ), et les deux premières lettres de Christos, en grec, X P.

Ce monogramme dont le symbolisme puissant se perd dans la nuit des temps, vient d'être resculpté au cours de l'hiver 2009-2010, sous l'égide des Bâtiments de France. Le chrisme d'origine était trop détérioré par les attaques du temps! La charpente de l'édifice a également été entièrement refaite.
Les marins effectuaient des offrandes à leur Sainte protectrice. Ils achetaient ou fabriquaient eux-mêmes ces ex-votos. De nombreux ont ainsi été retrouvé dans la chapelle; la plupart représentent des navires de guerre . Le Musée d'AUVILLAR les conserve précieusement. Il expose également un tableau de Sainte Catherine d'Alexandrie qui se trouvait dans cette vieille chapelle.

La plupart des peintures murales visibles doivent dater du XVIIIème siècle Leur état de conservation est remarquable compte tenu du peu d'entretien dont elles ont fait l'objet.
Cependant , le crépi s'écaille par endroit et laisse entrevoir des peintures bien plus anciennes pouvant avoir été exécutées au XIVème siècle.
Sur cette photo , on peut voit un personnage assis sur un trône ; de part et d'autre du trône sont peints deux animaux mythiques.

L'inscription maritime

Colbert est à l'origine de la maîtrise des mers par la France. Beaucoup de bateaux sont construits et déciment les forêts du Périgord et les sapins des Pyrénées. De même, il fallait beaucoup d'hommes pour armer ces bâteaux. C'est alors que fut créé l'inscription maritime, sorte de service militaire maritime. Des auvillarais ont donc fait la campagne d'Amérique entre 1790 et 1792. Au 18ème siècle, les besoins de la marine de guerre étant réduite, les marins se tournent vers la marine marchande. Le développement des colonnies antillaises fait de Bordeaux le grand port d'embarquement.

Les moulins à nef

Jusqu'au 17ème siècle, la minoterie n'est encore qu'une industrie locale comprenant de nombreux moulins disséminés dans la campagne. Le moulin est souvent double : moulin de pech ( hauteur ) et moulins de rivière dans les petites vallées, en particulier sur l'Arratz. A partir de cette date, la moyenne Garonne devient un grand pays de blé et la Garonne devient le fleuve des moulins à nef.
L'origine des moulins à nef remonte aux premiers siècles. Au moyen-âge, la plupart des fleuves français et même européens, sont peuplés de moulins-bateaux. Les moulins à nef sont constitués de deux nefs - bâteaux de 12 mètres de long ) séparés par une roue à aube.
Les moulins à nef se trouvent directement sur la voie de navigation et gène le passage des bateaux. Il y a beaucoup d'accidents. A partir de 1792, l'emplacement et les réparations des moulins à nef sont soumis à de nombreux arrêtés. Le 5 mai 1835, les Ponts et Chaussées interdisent les réparations, et les moulins à nef finissent par disparaitre.

 

Le port d'Auvillar

Les ports sont appelés " passage " ou " cale " ou simplement " port ". Ils sont de 2 catégories, ceux où se fait le trafic et ceux où habitent les gens de la rivière. Auvillar fait partie de ce dernier type. En 1789, il y avait 49 familles de matelots.
Le port d'Auvillar a pour origine un ancien péage appelé " taille foraine "ou " travers ". Ce péage existe déjà en 1204. Les vicomtes ont l'autorisation de lever des droits de leudes sur les marchandises portées par les étrangers dans la ville ou seulement traversant le port d'Auvillar. Certains vicomtes ont même tendu des embuscades avec plusieurs hommes d'armes, aux bâteaux de passage. Un certain nombre de péages garonnais est associé de plus ou moins près au site d'un château. Le péage d'Auvillar se prend sous le château des vicomtes qui domine le niveau du fleuve d'une centaine de mètres. Les origines d'une seigneurie comme Auvillar ont été assurément liées à l'institution du péage, qui a suivi les vicissitudes de la vicomté d'Auvillar et de Lomagne.

 

Les bacs sur la Garonne

Les exploitants des bacs sont appelés les fermiers. Ils ne doivent transporter plus de 50 personnes. L'utilisation du bac ne peut avoir lieu entre le coucher et le lever du soleil. Bien sûr, les crues de la Garonne perturbent beaucoup les passages d'une rive à l'autre.

 

Le pont sur la Garonne

L'instabilité du cours de la Garonne, l'absence de berges fixes et la largeur de la plaine inondable rendent difficile la construction des ponts. Aussi la Garonne fut-elle par excellence une rivière sans pont. Il n'y avait aucun pont de Bordeaux à Toulouse. La commune d'Auvillar est sollicitée par la société des ponts en fil de fer, en 1841, pour la construction d'un pont suspendu en remplacement du bac existant. Il sera soumis à un droit de péage pour amortir les frais de construction pendant 49 ans. Le bac cesse donc en juillet 1845, lors de la mise en service du pont. Il présenta de sérieuses avaries en 1856/1857 et a dû subir de nombreuses réparations. Il fut utilisé jusqu'en 1939.